Un lycéen qui souhaite aujourd’hui étudier la médecine, la pharmacie, l’odontologie, la maïeutique ou la kinésithérapie à Besançon doit encore choisir entre un PASS et une licence avec accès santé. Pourtant, les élèves qui entreront à l’université en septembre 2027 pourraient être les premiers à ne plus connaître cette organisation.
Le Gouvernement a annoncé le remplacement du système PASS–LAS par une licence commune, officiellement décrite comme une « licence orientée santé ». Les projets examinés en juillet 2026 emploient également l’expression « Licence Portail Santé », qui reste à ce stade une appellation de travail plutôt qu’un nom réglementaire définitivement adopté.
À Besançon, cette réforme devra être mise en œuvre par l’UFR Santé de l’Université Marie et Louis Pasteur. Ses grands principes sont désormais connus, mais l’université n’a pas encore publié sa future maquette locale. Il est donc possible d’expliquer ce qui devrait changer pour les lycéens, tout en distinguant clairement les annonces nationales des décisions encore attendues.
Sommaire
Ce qu’il faut retenir pour la rentrée 2027 à Besançon
Le calendrier est le premier repère à conserver. Le PASS et les LAS restent pleinement en vigueur à Besançon pendant l’année universitaire 2026-2027. L’UFR Santé annonce d’ailleurs une rentrée des étudiants en PASS en août 2026, tandis que l’Université Marie et Louis Pasteur a encore réparti ses places de deuxième année entre les groupes PASS, LAS 1 et LAS 2-3.
- La réforme doit s’appliquer à partir de septembre 2027.
- Les lycéens qui seront en terminale pendant l’année scolaire 2026-2027 devraient donc être les premiers à formuler leurs vœux Parcoursup dans ce nouveau cadre.
- Le changement essentiel tient à la disparition de deux voies très différentes. Tous les candidats suivraient désormais une même licence, composée d’enseignements de santé, d’une discipline universitaire et de matières transversales. Cette évolution a pour objectif de rendre le parcours plus lisible et de faciliter la poursuite d’études lorsque l’étudiant n’est pas admis dans une filière de santé.
- Elle ne supprimera cependant pas la sélection. Les capacités d’accueil resteront limitées et l’accès aux études de santé continuera de dépendre des résultats universitaires, d’un classement et, selon l’organisation locale, d’épreuves orales.
Comment fonctionne actuellement l’accès aux études de santé à Besançon ?
À l’UFR Santé de l’Université Marie et Louis Pasteur, les candidats disposent actuellement de deux voies principales : le PASS et les LAS.
- Le PASS, ou parcours d’accès spécifique santé, consacre la majeure partie de ses enseignements aux disciplines nécessaires aux études médicales. L’étudiant suit parallèlement une option disciplinaire, qui doit lui permettre de poursuivre dans une autre licence s’il n’est pas admis en deuxième année de santé.
- À Besançon, sept options sont proposées en 2026-2027 : droit, mathématiques, physique-chimie, psychologie, sciences de la vie, sciences pour l’ingénieur et STAPS. Ce choix n’est donc pas secondaire. Il détermine une partie des enseignements suivis pendant l’année et peut orienter la poursuite d’études en cas de non-admission. Pour mesurer concrètement les conséquences de cette décision, il peut être utile de comprendre comment choisir sa mineure en PASS à Besançon selon son niveau, ses préférences et son projet universitaire.
- Les LAS fonctionnent selon une logique inverse. L’étudiant est d’abord inscrit dans une licence disciplinaire, par exemple en droit, en psychologie ou en sciences de la vie. Il complète ce cursus principal par des enseignements de santé lui permettant de présenter sa candidature aux filières médicales.
- Ce système offre plusieurs possibilités, mais demande aux lycéens de comprendre des différences parfois subtiles. Un candidat doit comparer la place des sciences de la santé, les matières de la licence, les possibilités de seconde candidature et les conséquences d’une non-admission. Les organisations varient également d’une université à l’autre, ce qui rend les comparaisons sur Parcoursup particulièrement difficiles.
- C’est cette complexité que la réforme de 2027 cherche à réduire.
Pourquoi le système PASS–LAS doit-il être remplacé ?
Créés en 2020 pour succéder à la PACES, le PASS et les LAS devaient diversifier les profils admis et éviter que les étudiants échouant en première année se retrouvent sans véritable possibilité de poursuite d’études.
- Ce modèle a apporté certaines améliorations, mais il est rapidement devenu difficile à comprendre. Chaque université a construit sa propre combinaison de parcours, de programmes, de coefficients et de modalités de sélection. Deux formations portant la même appellation peuvent donc fonctionner très différemment selon la ville.
- Dans son rapport publié en décembre 2024, la Cour des comptes souligne cette complexité et les résultats encore insuffisants du dispositif. Deux ans après leur entrée dans le système, 63 % des étudiants concernés avaient perdu au moins une année d’études. Le résultat était meilleur qu’avec la PACES, mais restait éloigné de l’objectif d’une réorientation réellement fluide.
- Dans ce contexte, la future licence ne cherche pas uniquement à modifier le nom de la première année. Elle doit réunir les différentes voies dans une architecture commune, afin que les règles soient plus faciles à comprendre et que la poursuite d’études soit mieux intégrée dès le départ.
Comment fonctionnera la future licence orientée santé ?
Le dossier présenté par le ministère en avril 2026 décrit une première année de 60 crédits européens, organisée autour de trois blocs complémentaires.
- Le bloc santé représenterait entre 24 et 30 ECTS. Il réunirait les connaissances scientifiques fondamentales communes aux cinq filières MMOPK : médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie et kinésithérapie. Le programme national devrait être recentré sur les connaissances jugées indispensables à la poursuite de ces études.
- Le bloc disciplinaire compterait lui aussi entre 24 et 30 ECTS. L’étudiant suivrait une véritable mention de licence, par exemple en biologie, en droit, en sciences humaines ou dans une autre discipline proposée par son université. Ce choix ne constituerait donc pas une simple matière complémentaire : il représenterait une part majeure de l’année et préparerait une poursuite d’études cohérente en cas de non-admission en santé.
- Enfin, un bloc transversal de 6 à 12 ECTS porterait notamment sur la communication, l’éthique, les sciences humaines et sociales ou les compétences psychosociales. Cette troisième composante doit mieux intégrer des aptitudes utiles aux futurs professionnels de santé, au-delà de la seule maîtrise scientifique.
- Le ministère parle officiellement d’une « licence orientée santé, harmonisée ». L’expression « Licence Portail Santé » apparaît dans les projets discutés au CNESER et dans les communications consacrées à leur déploiement. Elle peut donc être utilisée pour identifier la réforme, à condition de ne pas la présenter comme une dénomination définitivement fixée.
Ce qui changera concrètement pour les lycéens et les étudiants
Sur Parcoursup, le candidat ne devrait plus avoir à arbitrer entre un PASS et plusieurs LAS dont les logiques sont parfois difficiles à comparer. Le schéma présenté par le Gouvernement prévoit un vœu principal correspondant à la nouvelle première année, accompagné d’un sous-vœu disciplinaire.
- L’orientation deviendrait plus lisible, mais le choix de la discipline resterait déterminant. Un étudiant attiré par le droit, la psychologie ou les sciences de la vie ne suivrait pas le même parcours. Il devrait choisir un domaine dans lequel il peut obtenir de bons résultats et qu’il accepterait réellement de poursuivre si son admission en santé n’aboutissait pas.
- La sélection reposerait sur la validation séparée du bloc santé et du bloc disciplinaire, avec au moins 10 sur 20 dans chacun. Le classement tiendrait compte de l’ensemble du parcours académique. Le ministère encourage également le maintien d’épreuves orales, dont l’organisation pourrait varier selon les universités.
- Deux candidatures resteraient possibles : la première à la fin de la première année et la seconde à la fin de la deuxième année de licence. Le redoublement serait par ailleurs autorisé une fois, selon des modalités qui doivent encore être précisées par les textes définitifs.
- Cette organisation ne rendra donc pas automatiquement l’accès à médecine ou aux autres filières plus facile. Elle cherche surtout à éviter qu’une non-admission efface tout le travail accompli. L’étudiant continuerait dans une discipline qu’il aurait déjà étudiée de manière substantielle, au lieu de devoir reconstruire entièrement son projet.
Ce que l’Université Marie et Louis Pasteur doit encore préciser
L’UMLP dispose déjà d’une expérience importante dans l’association entre santé et disciplines universitaires. Les options du PASS et les différentes LAS montrent que plusieurs composantes de l’université travaillent déjà avec l’UFR Santé.
- Cette organisation constitue un point de départ, mais elle ne permet pas de prévoir exactement la maquette de 2027. Rien ne confirme encore que les sept options actuelles seront toutes maintenues, ni qu’elles conserveront le même contenu.
- L’université devra notamment publier la liste des disciplines proposées, la répartition locale des ECTS, le programme des différents blocs, les règles de classement et la place des éventuelles épreuves orales. Elle devra aussi préciser comment seront réparties les possibilités d’admission après la L1 et la L2.
- La situation des étudiants déjà engagés dans le système actuel devra également être traitée. Les futurs textes devront indiquer comment les candidats inscrits en PASS ou en LAS avant septembre 2027 pourront utiliser leurs possibilités de candidature pendant la transition.
- Ces éléments devraient apparaître dans les communications de l’UFR Santé, les documents de l’UMLP et l’offre Parcoursup 2027. Tant qu’ils ne sont pas publiés, il serait prématuré d’annoncer un programme ou des coefficients propres à Besançon.
Quel rôle pour le Tutorat Santé Besançon ?
Le Tutorat Santé Besançon accompagne gratuitement les étudiants en PASS et en LAS, avec le soutien de l’UFR Santé. Il organise notamment une prérentrée, des entraînements, des examens blancs, des séances méthodologiques et un accompagnement à l’orientation.
- Son rôle sera particulièrement utile au moment de la transition. La première promotion devra comprendre une nouvelle architecture, de nouvelles règles de candidature et l’importance respective des blocs santé et disciplinaire.
- Les ressources actuellement distinguées entre PASS et LAS seront vraisemblablement adaptées au nouveau parcours. Aucune organisation spécifique à 2027 n’a toutefois encore été publiée. Les futurs étudiants devront donc suivre les communications du tutorat sans supposer que ses dispositifs actuels seront reconduits à l’identique.
Comment se préparer avant la publication du programme local ?
L’absence de maquette définitive ne signifie pas qu’il faille attendre pour se préparer. Certaines exigences resteront indispensables, quelle que soit l’organisation finalement retenue par l’UMLP.
- Les futurs étudiants devront maîtriser les bases scientifiques utiles aux études de santé, mémoriser un volume important de connaissances et travailler avec régularité. Ils devront également réussir dans leur discipline universitaire, qui comptera presque autant que le bloc santé dans la première année annoncée.
- Cette double exigence invite à ne pas considérer la discipline choisie comme une simple solution de repli. Elle devra correspondre aux aptitudes du candidat et constituer un parcours acceptable si l’accès aux filières de santé n’est pas obtenu immédiatement.
- Il est donc pertinent de développer dès le lycée une méthode de travail solide, une organisation régulière et une capacité à apprendre durablement. Certaines structures comme BIOMEDAL peuvent accompagner cette préparation méthodologique et la consolidation des bases scientifiques, sans prétendre anticiper un programme bisontin qui n’est pas encore publié.
- Pour les modalités précises, les sources à consulter en priorité resteront le ministère, l’Université Marie et Louis Pasteur, l’UFR Santé, Parcoursup et le Tutorat Santé Besançon.
Conclusion
- À Besançon, le PASS et les LAS restent la règle pour la rentrée 2026. À partir de septembre 2027, ils doivent être remplacés par une licence commune associant un bloc santé, une discipline universitaire et des enseignements transversaux.
- Les principes nationaux sont désormais suffisamment avancés pour comprendre la logique de cette réforme, mais pas encore pour connaître son exécution précise à l’Université Marie et Louis Pasteur. Les futurs étudiants peuvent donc préparer dès maintenant leurs bases et leur méthode de travail, tout en attendant les publications officielles avant de bâtir une stratégie fondée sur les disciplines, les programmes ou les critères de sélection locaux.
Questions fréquentes sur la réforme 2027 à Besançon
Le PASS et les LAS disparaîtront-ils à Besançon dès la rentrée 2026 ?
- Non. Le système actuel reste en vigueur pendant l’année universitaire 2026-2027. La nouvelle licence doit entrer en application à partir de septembre 2027.
Les sept options actuelles du PASS seront-elles conservées ?
- Aucune liste locale définitive n’a encore été publiée. Les huit options montrent les coopérations déjà existantes au sein de l’UMLP, mais elles ne préjugent pas de l’organisation retenue pour 2027.
La réforme rendra-t-elle l’accès aux études de santé plus facile ?
- Son objectif est de rendre le parcours plus lisible et la poursuite d’études plus cohérente en cas de non-admission. Le nombre de places restera néanmoins limité et la sélection continuera de reposer sur les résultats des étudiants.
Sources et fiabilité des informations
- Informations vérifiées le 23 juillet 2026.
- Présentation de la réforme - Dossier de presse d'avril 2026
- L'analyse des limites du système PASS-LAS par le rapport de la Cour des comptes
- Le PASS à Besançon
- La LAS à Besançon
- Capacité d'accueil à l'Université Marie et Louis Pasteur
- Le Tutorat Santé Besançon
- L'appellation "Licence Portail Santé" - CNESER
Documentation
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